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le transfrement de 109 enfants des établissements privés dans les maisons centrales. Ces mesures avaient pour cause une conduite incorrigible ou des tentatives d'évasion. Ces derniers actes sont frequents: 152 enfants dans le cours de l'année sont pérvenus à s'évader, 70 n'ont pas été repris, 17 seulement, sur lesquels quatre ont été repris, c'est-à-dire un peu moins de 4 pour mille, appartenaient aux établissements publics. Le reste c'est-à-dire 30 sur mille, provenait des colonies privés et principalement des établissements de récente fondation, où la surveillance n'est pas encore fortement organisée. Ces évasions, plus nombreuses depuis quelque temps, ont eu lieu surtout dans les maisons voisines des grandes villes. J'ai dû décider que désormais, les évadés repris seraient internés dans les quartiers correctionnels des maisons centrales, et afin de stimuler la surveillance, j'aviserai prochainement aux moyens d'infliger une retenue pécuniaire aux établissements lorsque les évasions pourront étre attribuées à la négligence.

Dans l'intérieur des établissements, les principales punitions sont ; le cachot, la cellule, la mise au pain et à l'eau. Les châtiments graves, dont la durée a dépassé quinze jours, ont été de 13 pour le cachot, et de 236 pour la cellule.

Sous le rapport de l'instruction, 4,236 enfants, c'est-à-dire les 2 tiers environ, étaient complétement illettrés avant leur détention, et, depuis, les cinq sixièmes ont reçu l'instruction primaire à divers degrés. 1,211 seulement, qui répresentent une partie des nouveaux admis, étaient encore illettrés.

Le tableau consacré à l'état sanitaire des établissements d'éducation correctionnelle ne contient que des indications générales. Cette partie du service sera dorénavant l'objet d'une étude approfondie, ainsi que je l'ai annoncé en parlant des adultes. En attendant, j'ai pu faire constater que les maladies et la mortalité n'ont point dépassé les proportions des années antérieures. Le nombre des décès s'est élevé à 152 sur une population flottante de 9,255, ou, en moyenne, d'environ 6000 jeunes détenus. Les décès ont donc été de 15 sur mille par rapport au premier chiffre, et de 25 pour le second. Cette proportion diffère selon le genre des établissements: dans le quartiers et colonies annexés aux maisons centrales, elle est de 37 sur mille; dans les quartiers correctionnels départmentaux, de 32 et de 15 dans les établissements privés. Ces differences sensibles, à l'avantage de ces dernières institutions, tiennent principalement à ce que ces étab. lissements exclusivement agricoles reçoivent en plus grand nombre les enfants des campagnes, et à ce qu'on réserve pour les ateliers industriels des maisons centrales ceux que leur âge ou leur force physique rend impropres aux travaux des champs.

Deux cas d'alienation mentale postérieurs à l'admission et un seul suicide ont été signalés.

Enfin, le dernier tableau: Renseignements sur les jeunes détenus libérés, permet d'apprécier et de comparer, à leur égard, les résultats généraux et partiels de l'éducation correctionnelle.

1,162 libérés, dont 20 graciés, sont sortis en 1852, savoir : Des quartiers et colonies annexes des maisons centrales Des quartiers départementaux

Des établissements privés

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401 151

610

Sur ce nombre, 465 (40 p. 0:0) avaient appris, pendant leur déten

tion, une profession agricole;

parmi lesquels 164 jeunes filles, un métier industriel.

697 (60 p. 0:0),

Décision ministérielle du 2 avril 1853.

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Les agriculteurs appartenaient aux établissements dans les proportions suivantes :

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167 (36 p. 0:0 du nombre des

agriculteurs),

Maisons centrales

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25 ( 5 p. 0:0),

273 (59 p. 0:0),

Les industriels se répartissaient de la maniére suivante :

...

234 (34 p. 0:0 du nombre total

Quartiers départementaux

Etablissements privés

des industriels),

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337 (47 p. 0:0).

844 étaient en état de gagner leur vie, savoir:

283 sortis des maisons centrales,

79 des quartiers départementaux,

482 des établissements privés.

Sur 204 déclarés incapables de trouver des ressources dans une instruction incomplète,

71 appartenaient aux premiers établissements,

52 aux seconds,

81 aux derniers.

950 enfants ont reçu, à leur sortie, des habillements, dont le prix s'est elévé à 25,546 fr. 34 c. (26 c. 15 m. par enfant).

Ont pris part à cette dépense:

Les maisons centrales, pour

Les quartiers départementaux
Les établissements privés

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1,145
( 49
15,192 99 (537

--

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).

Presque tous ont reçu des secours de route. Sans compter ceux qui reçoivent de la préfecture, à défaut des établissements, une indemnité de 15 c. par lieue, 908 enfants ont obtenu, à ce titre, 11,351 fr. 11 c., soit 12 fr. 50 c. par tête.

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Ont contribué à cette dépense: Les maisons centrales, pour Les établissements privés Si ces calculs montrent que l'instruction pendant la détention et les secours au moment de la sortie sont distribués aux jeunes détenus de manière à leur permettre de gagner leur vie, je regrette de ne pouvoir constater les mêmes efforts lorsqu'il s'agit du placement de ces enfants. Ainsi, 757 libérés de 1852 se sont retirés chez leurs parents, c'est-à-dire, bien souvent, au sein des tristes exemples et des mauvais conseils. Dans ce nombre d'enfants rendus ainsi à leur fâcheux entourage, 365 sortaient des maisons centrales, 45 des maisons départementales, et le reste, 347, des établissements privés. 95 seulement ont été recommandés à des sociétés de patronage, 5 par les maisons centrales, 26 par les institutions départementales, et 64 par les établissements privés. Enfin, 148, dont 18 sortant des établissements publics, ont été placés chez des particuliers par les soins des directeurs.

Le sort des jeunes libérés, leur conduite dans la vie libre, ces points important de la question, sont ceux sur lesquels l'administration se trouve la plus dépourvu de renseignements précis. Le nombre restreint des sociétés de patronage avait, en 1847 et 1848, inspiré au Governement la pensée d'organiser une sorte de patronage administratif par l'entremise des maires des communes où se retiraient les libérés; ces magistrats devaient, tous les six mois, transmettre à l'administration des feuilles de renseignements sur ces jeunes gens. Ces documents, fournis avec zèle et-intelligence par un certain nombre de ces fonctionnaires, n'ont pu, cependant, être recueillis d'une manière assez générale pour fournir les éléments d'une statistique;

des instructions nouvelles auront pour effet de combler cette lacune pour 1853.

Mais je compte particuliérement, pour constater les résultats de l'éducation correctionnelle, et la compléter, sur le développement des institutions de patronage, dont le projet de règlement, préparé en exécution de la loi du 5 août 1850, va prochainement fixer l'organisation.

Les fondations de ce genre qui fonctionnent actuellement sont au nombre de 8, et rendent déjà des services qui, pour être limités, n'en sont pas moins dignes de la reconnaissance publique. Les comptes annuels, exactement rendus par la Société pour le patronage des jeunes détenus et des jeunes libérés de la Seine, attestent les bienfaits que peuvent répandre ces œuvres de dévouement. En 1852, elle patronait 305 enfants, dont 171 appartenaient à la classe des libérés définitifs, et 134 à celle des libérés provisoires. Sur ce nombre, 28 ont renoncé au patronage, 27 ont été abandonnés comme incorrigibles, 2 ont disparu, 6 libérés provisoires ont été réintégrés, 16 seulement sont tombés en récidive.

Il est regrettable que toutes les autres sociétés n'aient pas, par la publication de comptes annuels, fourni d'autres témoignages de leur influence tutélaire; il est encore plus fâcheux que quelques-unes, déjà constituées, aient presque entièrement abandonné leur tâche, à défaut d'impulsion et d'encouragement. L'expectative du régleinent administratif à intervenir, l'incertitude des principes qui pré. sideront à la composition des sociétés et régleront leur action, ont contribué à produire cet abandon qui ne doit pas se prolonger. Je sais que cette matière est délicate, que l'intervention administrative doit être pleine de réserve dans ces questions charitables; car, si l'éducation pénitentiaire est un devoir, et doit être une charge de l'Etat, le patronage ne peut être que l'œuvre de la bienfaisance: c'est par elle qu'il doit se soutenir. Mais ces considérations ne peuvent légitimer l'abstention complète de l'administration. J'attends de salutaires effets d'une organisation qui associera, dans cette mission d'assistance, les représentants des diverses autorités locales, ceux de l'agriculture, de l'industrie, et les personnes, nombreuses en France, toujours prêtes à contribuer de leurs soins, et de leur fortune à de bonnes actions. J'ai l'espoir que Votre Majesté daig. nera encourager, par d'honorables récompenses, ces services utiles et désintéressés.

D'ailleurs, cette tâche sera rendue plus facile par les mesures que j'ai déjà prises pour le placement exclusif des jeunes filles dans les établissements religieux, et pour l'enrôlement de tous les jeunes garçons aptes, par leur âge, leur force et leur amendement, au service militaire. Le régiment pour les uns et le couvent pour les autres, constituent un patronage tout organisé, et qui présente à la société les plus sûres garanties.

Enfin, j'ajouterai que, sous ce dernier rapport, l'éducation donnée dans les établissements spéciaux de jeunes détenus a déjà porté ses fruits. Le compte général de l'administration de la justice crimi. nelle, qui a résumé les résultats de la période de 1842 à 1850, a constaté que le nombre moyen des récidives, parmi les libérés de sept établissements principaux avait varié de 10 à 11 p. 0:0. Si l'on compare cette proportion à celle qui est signalée plus haut pour les adultes (35 p. 0:0 pour les hommes et 27 p. 0:0 pour les femmes), on n'a pas à regretter les sacrifices que l'Etat s'impose pour la régénération morale de cette population.

There is some mistake here, as these numbers are reversed in that portion of the Report devoted to the adult criminals.-ED.

RAPPORT DE M.

DEMETZ,

DIRECTEUR DE LA

COLONIE AGRICOLE DE METTRAY.

MESSIEURS,

Ce n'est pas vainement que vous avez honoré Mettray de votre bienveillant patronage, car chaque année constate, par de nouveaux succès, le triomphe de la pensée morale qui est l'âme de votre œuvre ; le passé et le présent garantissent les promesses de l'avenir. Les faits que nous allons porter à votre connaissance vous feront partager, nous osons l'espérer, notre conviction à cet égard.

Dans notre précédent rapport, nous avons pris, avec bonheur, l'engagement de respecter ce que notre digne ami, M. le Vte de Courteilles, avait organisé avec tant de dévouement, tant de persévérants efforts, et souvent au prix de douloureuses fatigues. Nous avons été fidèle à notre parole. Aussi n'aurons-nous à vous rendre compte que de certaines améliorations dont l'expérience et le temps nous ont révélé les avantages.

Au début de la Colonie, nous avons divisé notre jeune population par familles, et nous ne saurions trop le répéter, c'est à cette organisation que nous devons le succès de Mettray.

Le dimanche, il est rendu compte, devant la Colonie assemblée, de la conduite et des travaux de chaque famille et, en particulier, des membres qui la composent. Tout enfant, qui l'a mérité, reçoit un encouragement; toute famille dont la conduite a été satisfaisante, reçoit une récompense. Cette émulation dans la famille a constamment donné de bons resultats. Mais ce n'était pas assez ; nous avons cru qu'il serait possible d'exciter encore davantage cette lutte dans la bonne conduite, en la faisant passer de l'individu à la famille, de la famille à la Colonie tout entière.

Dans cette pensée, nous avons créé une sorte de prix d'honneur décerné à la famille qui s'est montrée irréprochable pendant la semaine écoulée; c'est un drapeau aux couleurs nationales, avec cette simple légende: Colonie de Mettray.—Honneur à la Famille *** *.

Pendant les exercices, la famille qui a mérité cette distinction marche à la tête de la Colonie dont elle port l'étendard. Ce symbole, éclatant témoignage public d'une conduite sans reproche, frappe les regards des nombreux visiteurs venus à Mettray; leurs éloges ne font pas défaut à la famille méritante, qui, joyeuse et fière, y trouve la récompense du devoir accompli; les autres familles ont un ègal desir de possèder le précieux drapeau, et toutes s'efforcent à l'envi de l'emporter sur leur heureuse rivale.

Cette lutte ardente, à qui fera mieux, sert la pensée morale de l'œuvre dans des proportions que des chiffres prouveront mieux que les plus éloquentes paroles.

Avant l'inauguration de notre drapeau, le nombre des enfants

Le nom de la famille victorieuse est inscrit dans un écusson attaché la hampe du drapeau.

*

inscrits au tableau d'honneur était, par rapport au chiffre total de nos colons, de 66 pour cent; il est aujourd'hui de 74.5, et nous devons ajouter que, pendant le dernier trimestre, il est éntre à la Colonie 37 enfants qui n'ont pu concourir, puisque, aux termes de notre règlement, un colon ne peut être porté sur le tableau d'honneur, que s'il a eté trois mois consécutifs sans subir de punition.

Par les mêmes motifs, le nombre de nos enfants envoyés au quartier de punition, et dont la moyenne était de 2 pour cent, par jour, se trouve aujourd'hui réduit à 1.25 pour cent.

Mais il ne faut pas croire que nous fussions arrivé subitement à un résultat aussi satisfaisant, si nous n'eussions cherché, dès le principe, à raviver dans le cœur de nos enfants, par tous les moyens possibles, le sentiment de l'honneur. Nous n'avons cessé de leur dire qu'ils étaient reçus à Mettray en quelque sorte sur parole, et que, pour toute àme vraiment généreuse, il n'y a pas de barrière plus infranchissable; ils nous ont compris. Sur 1679 enfants admis à Mettray jusqu'au 1er janvier 1854, un seule a déserté, et son nom est l'objet du mépris de tous ses camarades. Pas une évasion n'a eu lieu pendant l'année qui vient de s'écouler.*

Lorsqu'un incendie est signalé dans nos environs, et malheureusement ces faits ne se renouvellent que trop souvent depuis quelque temps, nos enfants se portent au pas de course sur le lieu du sinistre, où ils font preuve dn plus grand courage; mais nous avons eu soin d'insérer dans notre règlement que les colons envoyés au quartier de punition seraient privés de marcher avec leurs camarades, afin de leur faire bien comprendre tout le bonheur qu'on éprouve à rendre service à son semblable.

Les régiments qui sont en garnison à Tours dirigent souvent leurs promenades de nos côtés:† la précision des mouvements, l'obéissance instantanée au commandement, le soin, la propreté dans la tenue, la vue de cet appareil militaire déterminent un grand nombre de nos enfants à entrer dans les rangs de notre armée. Cette carrière a l'avantage de soustraire le plus grand nombre à la fâcheuse influence de leurs familles.

Chaque semaine on donne, comme nous l'avons dit, aux familles dont la conduite a été très satisfaisante, une récompense qui consiste le plus habituellement en une gravure représentant un trait de courage ou un sujet religieux; ainsi, tantôt c'est une des batailles qui font le plus grand honneur à notre armée, tantôt un combat naval, puisque nous avons chez nous des enfants qui se destinent à la marine. La scène sublime de la mort du saint archevêque de Paris,

*La constatation de ce fait prouve que Mettray ne saurait être compris dans le contingent de la statistique que vient de publier M. le Ministre de l'Intérieur et qui constate qu'il y a eu pendant l'année 1852, dans les Colonies agricoles, 34 évasions pour mille.

+ C'est pour nous un devoir de constater qu'à chacune de ces visites une collecte est faite par MM. les officiers en faveur de la Colonie.

Nous avons beaucoup d'enfants des côtes de Bretagne, qui ont fait le cabotage et qui désirent reprendre leur ancienne occupation. Les nouvelles dispositions du trois-mats que nous devons à la libéralité de M. le ministre de la marine, nous permettent de compléter sur ce point, l'instruction de nos colons.

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