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pagnes, des" meetings” avaient suggéré l'idée d'une levée en

A Londres pourtant et dans la plupart des comtés, le cri, “Aux armes !” avait rencontré peu d'échos; on s'était contenté d'ouvrir des souscriptions afin d'enrôler des recrues pour le service, Le mouvement ne se developpa que vers la fin du dernier siècle (1798-99). Cette fois tous les yeux s'ouvrirent aux dangers qui menaçaient le pays. Le traité de Campo-Formio venait de laisser l'Angleterre seule debout et l'épée au poing en face de la France, qui avait conquis ou réduit au silence les autres nations humiliées. Une armée française de 270,000 hommes disposée de long les côtes du détroit, était à un jour de marche des divers points d'embarcation. Ces préparatifs, selon le langage des Anglais, firent “lever le lion," et le sentiment national éclata en actes de dévouement. On accrut l'armée, la flotte, la milice, et de plus un bill du parlement engagea les citoyens à lever des corps de volontaires dans toutes les parties du royaume. Un immense enthousiasme répondit à cet appel de la patrie en danger, et s'étendit bientôt à toutes les classes. L'évêque de Winchester autorisa le clergé du Hampshire, et surtout celui de l'ile de Wight à prendre les armes.

Quoique tous les rangs de la société offrissent leurs services, on crut alors utile de faire un choix. Les citoyens connus et respectables furent seuls admis dans la nouvelle phalange. Les officiers devaient jouir d'un revenu d'au moins cinquante livres sterling par an, fourni par une propriété territoriale, et résider dans le comté où le corps avait été levé. Malgré ces restrictions, qui représentent bien l'esprit défiant du gouvernement d'alors, en moins de trois semaines 150,000 volontaires étaient enrôlés et armés. Ils faisaient l'exercice six heures par semaine, et ceux qui le jugeaient à propos étaient libres de réclamer un schelling pour le temps qu'ils consacraient à apprendre le métier de soldat. Les frais auxquels donna lieu la nouvelle force armée figurent au budget de 1799 pour la somme de 350,000 livres sterling. Sept mois s'étaient à peine écoulés depuis cette prise d'armes, quand le roi déclara, dans son discours à l'ouverture du parlement, que “la démonstration de zèle et de vigueur parte de tous les rangs de la nation avait empêché l'ennemi de mettre à exécution de vaines menaces.'

Faut-il ajouter sur ce point une foi entière au langage officiel ? Je dois avouer que, si je consulte l'opinion des généraux Anglais

du temps, il me sera difficile de me former une grande idée de ces troupes irrégulières. Ne peut-on pas, il est vrai, expliquer la sévérité de leurs jugements par l'espèce de dédain avec lequel les hommes de guerre regardent les combattants qui ne sont pas du métier ? Des officiers plus impartiaux conviennent que ces levées fraîches, mal disciplinées et peu exercées au maniement des armes, auraient opposé une faible résistance aux bataillons français; mais ils soutiennent que, dans le cas d'une retraite, elles auraient pesé comme un châtiment sur les flancs de l'armée vaincue.

Le mouvement des anciens volontaires se ralentit de 1799 à 1803, avec le danger d'invasion étrangère qui s'éloignait. La déclaration de guerre de Bonaparte au peuple anglais ralluma tout-à-coup une ardeur qui commençait à s'éteindre. Des placards collés aux murs des villages les plus éloignés annoncèrent que l'ennemi allait peut-être venir. On distribua aux paysans quatre-vingt-dix mille piques. Les fermiers s'engagèrent volontairement à fournir des hommes, des chevaux, et des charrettes pour transporter les troupes sur les côtes. Une chaîne de signaux chargés de matières combustibles non seulement courait le long des rivages de l'Angleterre, mais traversait l'île et se rattachait à chaque colline. A la moindre alerte on y mettait le feu, et les Anglais de ce temps-là qui vivent encore parlent avec émotion du tumulte armé qui se répandait aussitôt sur le pays, couvert par une flamme lugubre. A Pevensey, des bandes d'ouvriers terrassiers se tenaient prêts à couper les digues de mer et à inonder toute la campagne environnante, sans doute en souvenir de la glorieuse Hollande. Dans les comtés maritimes les députés-lieutenants faisaient abattre les chevaux qui, dans le cas d'une surprise, auraient pu tomber aux mains de l'ennemi, scier les essieux des voitures, détruire le blé et le bétail que l'on ne pouvait pas emporter. Ils promettaient aux propriétaires que l'état les indemniserait plus tard; mais on ne voulait pas même les entendre, car chacun oubliait ses intérêts et n'avait à cæur que le salut du pays. Les officiers de douane reçurent l'ordre de transporter dans l'intérieur ou autrement de laisser couler à la première alarme tous les vins, eaux-de-vie, ou autres liqueurs spiritueuses qui étaient en tonneaux sur les côtes. Les églises et les théâtres furent convertis en casernes. Des patrouilles de citoyens dans les villes maritimes traversaient jour et nuit les rues, les jetées, et les dunes. C'est surtout quand la marée était haute, la brise douce, et le brouillard épais, que tous les yeux s'attachaient sur la mer avec une inquiétude fiévreuse. A chaque moment on s'attendait à voir paraître la flotte ennemie, et tous les vaisseaux de guerre anglais se tenaient prêts à couper leur câble.

Dans le comté de Norfolk les nobles avaient placé des perches au toit de leurs maisons, et devaient arborer, en cas de danger, une bannière rouge, pour donner à leurs tenanciers le signal de courir aux armes. La vigilance et l'ardeur martiale n'étaient pas moins grands à l'intérieur de l'ile. Dans les villes de province, des maires, excités par la sainte fureur du patriotisme, couraient les rues, battant eux-mêmes le tambour, afin d'appeler les volontaires sous les drapeaux. Ceux-ci affluèrent de toutes parts, et un rapport du ministère de la guerre, daté du 11 Novembre, 1803, porte leur nombre à 335,307. Les vieillards toutà-fait incapables de servir prenaient le bâton de constable, afin de garder les villes, pendant que leurs concitoyens iraient rencontrer l'ennemi en pleine campagne. Ceux qui ont vu alors l'état du pays disent qu'on ne peut se faire une idée des frémissements d'enthousiasme, des terreurs, des sombres défis, des alarmes, en un mot, de tous les sentiments confus dont était alors agitée comme par secousses cette population, non moins grondante et non moins troublée dans son île que le flux et le reflux de la mer qui l'enveloppait en mugissant.

Le cri " Aux armes !" retentissait peut-être avec plus de force encore, et comme d'écho en écho, le long des montagnes de l'Ecosse. Le duc d’York fit un appel à la loyauté des anciennes familles, et leva un grand nombre de bataillons ayant chacun à sa tête le chef patriarcal du clan. C'est ainsi que les Macdonalds, les Macleods, les Mackenzies, les Gordons, les Campbells, les Frasers, et d'autres tribus, s'enrôlèrent sous leurs bannières respectives, formant tous ensemble un rempart vivant pour couvrir le nord de la Grande-Bretagne. A Edimbourg les volontaires accoururent sous les ordres du lieutenant-colonel Hope. Dans ce régiment les officiers ne jouissaient d'aucune immunité ni d'aucun privilége sur les soldats; ils marchaient bravement avec tous leurs bagages sur le dos, et le colonel donnait lui-même l'exemple, ne montant jamais à cheval que pour les besoins du commandement. Il n'y avait aucune distinction de chambres dans les casernes, ni de tentes au milieu des camps. Les habitants de Liddesdale, le point le plus éloigné vers l'ouest qu'atteignit le cri d'alarme, craignirent tant d'arriver trop tard au rendez-vous, qu'ils mirent en réquisition tous les chevaux qu'on put trouver. Après avoir fait une marche forcée hors de leur pays, ils lâchèrent ces chevaux, qui retrouvèrent eux-mêmes leur chemin à travers les montagnes, et retournèrent tous sains et saufs dans les écuries.

Sir Walter Scott servait comme adjutant dans un régiment de cavalerie qui portait le nom de Royal Mid-Lothian. Son infirmité, car Walter Scott, comme on sait, était boiteux, n'avait point été un motif d'exemption, d'autant plus qu'à cheval il faisait grande et bonne contenance. Son zèle, son exactitude, et sa joyeuse humeur le rendirent très-populaire dans son régiment. L'adjutant Scott composa même alors un chant de guerre qui a été publié plus tard dans le “Border Minstrelsy;" mais comme le poète n'était point reconnu encore dans ce temps-là, son chant ne fut, pour la plupart des officiers et des soldats, qu'un objet de ridicule. On répétait pendant la nuit dans les bivacs le commencement de cette pièce lyrique :

pièce lyrique: "A cheval! à cheval!" avec des rires et une expression grotesque. Nul n'est prophète dans son régiment, et ceux-là mêmes qui rendaient justice aux qualités militaires du jeune officier traitaient ses vers avec le plus suprême dédain. Walter Scott n'en fut pas moins en mesure d'observer de près le mouvement des volontaires écossais, sur lequel il a écrit dans la suite des pages intéressantes. Il loue surtout la marche des habitants du Selkirkshire, dont la demeure était souvent à une longue distance des divers points de réunion, mais qui ne se rassemblèrent pas moins au premier signal, et s'avancèrent à travers de mauvais chemins, faisant trente ou quarante milles sans débrider. Deux membres de ce corps de cavalerie étaient absents et se trouvaient alors pour affaires à Edimbourg. Ia femme d'un de ces gentlemen, nouvellement mariée, et la mère de l'autre, une veuve, envoyèrent les armes, l'uniforme, et les chevaux des deux volontaires, pour qu'ils pussent rejoindre leurs camarades à Dalkeith. Walter Scott fut très-frappé de la réponse d'une de ces deux femmes, la mère, à laquelle il adressait des éloges sur l'empressement qu'elle avait montré a mettre son fils en face du péril, quand elle aurait pu lui laisser une bonne excuse pour prolonger l'absence. “Monsieur," s'écria-t-elle avec l'ardeur d'une matrone romaine, “nul mieux que vous ne peut savoir que mon fils est le seul soutien sur lequel s'appuie notre famille depuis la mort de son père; mais j'aimerais mieux le voir étendu roide et sans vie sur le plancher de cette chambre, que d'entendre dire qu'il a été de la longueur d'un cheval en arrière de ses camarades dans la défense de son pays."

Quand on songe que cette lutte contre un ennemi formidable qu'on croyait rencontrer partout, et qui ne se montrait nulle part, a duré plus de dix années sans se ralentir, on ne saurait avoir qu'une grande idée de l'énergie et de la persistance de la race anglo-saxonne. La défense ne faisait même que s'accroîtie de jour en jour, d'année en année. Une proclamation de Bonaparte, qui circula dans tout le royaume-uni, jeta encore de la poudre sur le feu. Soldats," disait cet ordre du jour," nous avous passé la mer! Les barrières de la nature ont cédé au génie et à la fortune de la France. La hautaine Angleterre gémit sous le joug de ses conquérants. Londres est devant vous ! Le Pérou de l'ancien monde est votre proie; dans vingt jours [il n'y avait pas alors de chemins de fer] je planterai le drapeau tricolore sur les murs de son exécrable Tour! En avant ! Villes, champs, provisions, bétail

, or, argent, femmes, je vous abandonne tout. Occupez ces nobles manoirs, ces fermes riantes. Une impure race, réprouvée du ciel, qui a osé se déclarer l'ennemie de Bonaparte, va expier ses crimes et disparaître de la surface de la terre. Oui, je vous jure que nous serons terribles !-BONAPARTE.” Elle fut reçue par l'Angleterre comme l'avait été par la France le manifeste du duc de Brunswick en 1793: un cri d'exécration et le cliquetis des armes y répondirent au delà du détroit. Le duc de Cornwall avait demandé mille hommes au district des mines; la sombre et hardie population des Cornouailles en fournit cinq mille. En offrant leurs services, ils s'engagèrent tous, par une déclaration solennelle, à ne jamais quitter le poste qui leur serait assigné dans l'action tant qu'un seul soldat Français sous les armes se trouverait à portée de leurs fusils. Dans le comté de Northumberland, une lady, remarquable par son rang et par sa beauté, présenta une paire de drapeaux à un régiment de volontaires. Le jeune porte-enseigne lui dit avec une concision toute britannique: “Je reçois vos couleurs avec joie, je les défendrai avec courage, et quand les balles auront arraché toute la vieille soie, je vous rapporterai le bâton."

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