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l'histoire des héros de Sherwood, dépouillée de ses ornemens poétiques, ne se lit plus que parmi les contes à l'usage des enfans.

Aucune des ballades qui nous ont été conservées ne raconte la mort de Robin Hood : la tradition vulgaire est qu'il périt dans un couvent de femmes où un jour, se sentant madade, il était allé demander des secours.

On devait lui tirer du sang ; et la nonne qui savait faire cette opération ayant reconnu Robin Hood, la pratiqua sur lui de manière à le tuer. Ce récit, qu'on ne peut ni affirmer ni contester, est assez conforme aux mours du douzième siècle: beaucoup de femmes, dans les riches monastères, s'occupaient alors à étudier la médecine, et à composer des remèdes qu'elles offraient gratuitement aux pauvres. De plus, en Angleterre, depuis la conquête, les supérieurs des abbayes, et la plus grande partie des religieuses étaient d'extraction normande, ainsi que le prouvent leurs statuts rédigés en vieux français : cette circonstance explique peut-être comment le chef de bandits saxons, que les ordonnances royales avaient mis hors la loi, trouva des ennemis dans le couvent où il était allé chercher assistance. Après sa mort, la troupe dont il était le chef et l'âme, se dispersa ; et Petit-Jean, son fidèle compagnon, désespérant de se maintenir en Angleterre, et poussé par l'envie de continuer la guerre contre les Normands, se rendit en Irlande, où il prit part aux révoltes des indigènes. Ainsi fut dissoute la dernière troupe de brigands Anglais qui ait eu un objet et un caractère politique, et qui mérite par là une mention dans l'histoire. Augustin Thierry.

24. Procès de Charles I, Le vendredi, 19 Janvier, un corps de cavalerie parut à Windsor, Harrison à la tête, chargé d'emmener le roi; un carrosse à six chevaux attendait dans la grande cour du château. Charles y monta, et quelques heures après il était rentré à Londres, au palais de Saint-James, partout entouré de gardes, deux sentinelles à la porte même de sa chambre, Herbert resté seul pour son service et couchant à côté de son lit.

Le lendemain 20, vers midi, la haute cour, réunie d'abord en séance secrète dans la chambre peinte, s'apprêtait à régler les derniers détails de sa mission; la prière commune était à peine terminée ; on vint annoncer que le roi, transporté dans une chaise fermée, entre deux haies de soldats, était sur le point d'arriver. Cromwell courut à la fenêtre, et revenant tout-à-coup pâle et pourtant très-animé: “Le voici, le voici, messieurs; l'heure de la grande affaire approche : décidez promptement, je vous en prie, ce que vous aurez à lui répondre, car il vous demandera sur-le-champ au nom de qui, et de quelle autorité vous prétendez le juger. Personne ne prenait la parole: “Au nom des communes assemblées en parlement et de tout le bon peuple d'Angleterre," dit Henri Martyn. Nulle objection ne s'éleva, la cour se mit en marche pour se rendre solennellement à la grande salle de Westminster; en tête s'avançait le lord président Bradshaw; on portait devant lui l'épée et la masse; seize officiers, armés de pertuisanes, précédaient la cour. Le président prit place sur un fauteuil de velours cramoisi; à ses pieds le greffier assis près d'une table couverte d'un riche tapis de Turquie, et sur laquelle on déposa la masse et l'epée; à droite et à gauche, sur des siéges de drap écarlate, les membres de la cour; aux deux extrémités les hommes d'armes, un peu en avant du tribunal. La cour installée, on ouvrit toutes les portes; la foule se précipita dans la salle : le silence rétabli, et après la lecture de l'acte des communes qui instituait la cour, on fit l'appel nominal; soixante-neuf membres étaient présents.

Sergeant,” dit Bradshaw,“ qu'on amène le prisonnier.

Le roi parut, sous la garde du Colonel Hacker et de trentedeux officiers. Un fauteuil de velours cramoisi était préparé pour lui à la barre ; il s'avança, porta sur le tribunal un long et sévère regard, s'assit dans le fauteuil sans ôter son chapeau, se releva soudain, regarda derrière lui la garde placée à la gauche, et la foule des spectateurs à la droite de la salle, reporta les yeux sur les juges, puis se rassit au milieu du silence universel.

Bradshaw se leva à l'instant: “Charles Stuart, roi d'Angleterre," dit-il, “ les communes d'Angleterre assemblées en parlement, profondément pénétrées du sentiment des maux qu'on a fait tomber sur cette nation, et dont vous êtes considéré comme le principal auteur, ont résolu de poursuivre le crime du sang ; dans cette intention, elles ont institué cette haute cour de justice devant laquelle vous comparaissez aujourd'hui.

Vous allez entendre les charges qui pèsent sur vous.

Le procureur-général, Coke, se levait pour prendre la parole.

E

“ Silence!" dit le roi, en le touchant de sa canne sur l'épaule.

Coke se retourna surpris et irrité : la pomme de la canne du roi tomba; une courte mais profonde altération parut dans ses traits ; aucun de ses serviteurs n'était à portée de ramasser pour lui la pomme; il se baissa, la reprit lui-même, se rassit, et Coke lut l'acte d'accusation qui, imputant au roi tous les maux nés d'abord de sa tyrannie, ensuite de la guerre, demandait qu'il fût tenu de répondre aux charges, et que justice fût faite de lui comme tyran, traître, et meurtrier.

Pendant cette lecture, le roi, toujours assis, promenait, tantôt sur les juges, tantôt sur le public, des regards tranquilles : un moment il se leva de nouveau, tourna le dos au tribunal pour regarder derrière lui, et se rassit l'air à la fois curieux et indifférent. Aux seuls mots de “Charles Stuart, tyran, traître, et meurtrier," il se mit à rire, quoique toujours silencieux.

La lecture achevée : “ Monsieur," dit Bradshaw au roi, “vous avez entendu votre acte d'accusation: la cour attend votre réponse."

" Je voudrais savoir par quel pouvoir je suis appelé ici. J'étais, il n'y a pas longtemps, dans l’île de Wight en négociations avec les deux chambres du parlement, sous les garanties de la foi publique. Nous étions près de conclure le traité. Je voudrais savoir par quelle autorité, j'entends légitime, car il y a dans le monde beaucoup d'autorités illégitimes, comme celle des brigands et des voleurs de grand chemin,--je voudrais, dis-je, savoir par quelle autorité j'ai été tiré de là et conduit de lieu en lieu, je ne sais à quelle intention. Quand je connaîtrai cette autorité légitime, je répondrai.”

“Si vous aviez bien voulu faire attention,” dit Bradshaw, à ce qui vous a été dit par la cour à votre arrivée ici, vous sauriez quelle est cette autorité. Elle vous requiert, au nom du peuple d'Angleterre, dont vous avez été élu roi, de lui répondre.'

Non, monsieur, je nie ceci." “Si vous ne reconnaissez pas l'autorité de la cour, elle va procéder contre vous.”

Je vous dis que l'Angleterre n'a jamais été un royaume électif, qu'elle est depuis près de mille ans un royaume héréditaire. Faites-moi donc connaître par quelle autorité je suis appelé ici. Voilà M. le lieutenant-colonel Cobbett : demandezlui, si ce n'est pas de force qu'il m'a emmené de l'île de Wight, Je soutiendrai autant que qui que ce soit ici les justes privilèges de la chambre des communes. Ou sont les lords ? Je ne vois pas ici de 'lords pour constituer un parlement. Il у

faudrait aussi un roi. Est-ce là ce qu'on appelle amener le roi à son parlement?”

Monsieur, la cour attend de vous une réponse définitive, si ce que nous vous disons de notre autorité ne vous suffit pas, cela nous suffit, à nous ; nous savons qu'elle se fonde sur l'autorité de Dieu et du royaume.

“ Ce n'est ni mon opinion ni la vôtre qui doivent décider."

“La cour vous a entendu; on disposera de vous selon ses ordres. Qu'on emmène le prisonnier. La cour s'ajourne à lundi prochain.”

La cour se retira ; le roi sortit avec la même escorte qui l'avait amené. En se levant, il aperçut l'épée placée sur la table.

Je n'ai pas peur de cela,” dit-il, en la montrant de sa canne. Comme il descendait l'escalier, quelques voix se firent entendre, criant : “ Justice ! justice !" mais un bien plus grand nombre criaient : “ Dieu sauve le roi! Dieu sauve le roi! Dieu sauve votre Majesté !"

Le lendemain, à l'ouverture de la séance, soixante-deux membres présents, la cour ordonna, sous peine d'emprisonnement, un silence absolu: le roi à son arrivée n'en fut pas moins accueilli par une vive acclamation. La même discussion recommença, des deux parts également obstinée. Monsieur," dit enfin Bradshaw, “ni vous, ni personne ne serez admis à contester la juridiction de la cour; elle siége ici par l'autorité des communes d'Angleterre, envers qui vous et tous vos prédécesseurs êtes responsables."

“ Je le nie; montrez-moi un précédent."

Bradshaw se leva avec colère : “ Monsieur, nous ne siégeons pas ici pour répondre à vos questions; plaidez sur l'accusation, coupable ou non coupable." • Vous n'avez pas encore entendu mes raisons.”

Monsieur, vous n'avez pas de raisons à faire entendre contre la plus haute de toutes les juridictions.

“Montrez-moi donc cette juridiction, où la raison n'est pas entendue.”

“Monsieur, nous la montrons ici, ce sont les communes d'Angleterre. Sergeant, qu'on emmène le prisonnier."

Le roi se tourna brusquement vers le peuple: “Rappelezvous," dit-il, “que le roi d'Angleterre est condamné sans qu'il lui soit permis de donner ses raisons en faveur de la liberté du peuple !" et un cri presque général s'éleva: “Dieu sauve le roi !"

La séance du lendemain, 23 Janvier, amena les mêmes scènes : la sympathie du peuple pour le roi devenait de jour en jour plus vive; en vain les officiers et les soldats irrités poussaient à leur tour le cri menaçant de “ Justice !” “Exécution !” La foule effrayée se taisait un moment; mais bientôt, sur quelque incident nouveau, elle oubliait son effroi, et le cri,

“ Dieu sauve le roi !" retentissait de toutes parts. Il s'éleva des rangs mêmes de l'armée : le 23, comme le roi passait au sortir de la séance, un soldat de garde cria très-haut : Sire, que Dieu vous bénisse !” Un officier le frappa de sa canne: "Monsieur,” dit le roi en s'éloignant,“ la punition surpasse la faute.”

Le 27, à midi, après deux heures de conférence dans la chambre peinte, la séance s'ouvrit, selon l'usage, par l'appel nominal. Au nom de Fairfax, “ Il a trop d'esprit pour être ici, répondit une voix de femme du fond d'une galerie. Après un moment de surprise et d'hésitation, l'appel nominal continua; soixante-sept membres étaient présents. Quand le roi entra dans la salle un cri violent s'éleva: “Exécution ! justice ! exécution !" Les soldats étaient très-animés; quelques officiers, Axtell surtout, qui commandait la garde, les excitaient à crier; quelques groupes, répandus çà et là dans la salle, se joignaient à ces clameurs ; la foule se taisait avec consternation.

Monsieur,” dit le roi à Bradshaw, avant de s'asseoir, " je demanderai à dire un mot; j'espère que je ne vous donnerai point sujet de m'interrompre. “ Vous répondrez à votre tour; écoutez d'abord la cour.”

Monsieur, s'il vous plaît, je désire être entendu. Ce n'est qu’un mot. Un jugement immédiat

Monsieur, vous serez entendu lorsqu'il en sera temps : vous devez d'abord entendre la cour.

“Monsieur, je désire- Ce que j'ai à dire est relatif à ce que la cour va, je crois, prononcer ; et il n'est pas aisé, monsieur, de revenir d'un jugement précipité.

“On vous entendra, monsieur, avant de rendre le jugement. Jusque-là, vous devez vous abstenir de parler."

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